L ascension du mont Kenya

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Kenya - Mount Kenya
de virginie, le 22-09-2006

L ascension du mont Kenya

Départ en matatu à 14h30 de la gare routière.3h 30 plus tard nous arrivons à Nanyuki. Jojo, l’un des patrons de la compagnie de guide nous attend à l’arrivée. Il semble un peu inquiet mais je promets de le payer avant le départ le lendemain matin. Il nous a fait confiance et a déjà acheté toute la nourriture pour le trek, réservé le guide et les porteurs, et nous laisse partir avec son matériel de montagne dès le soir. Comme convenu, je le paie le lendemain matin dès l’ouverture du bureau western union et nous partons sous les coups de 10h vers le début de la Timau en matatu. Un guide-porteur, Julius, un cuisinier-porteur et un porteur nous accompagnent. Dès le premier jour, notre cuisinier nous montre ses talents et nous comprenons que nous n allons pas mourir de faim durant ces 5 jours…
Nous débutons l’ascension à 2400m à travers une forêt puis à découvert sous un temps un peu maussade. Après 3h de marche, nous atteignons le camp Marania, à 3300m d’altitude. Nous plantons la tente dans la clairière, une petite rivière coule à quelques mètres. Nous dînons autour du feu puis Julius sonne l’heure du coucher vers 21h30… et oui, demain, on part a 8h00 pour une bonne journée de marche. Le second jour, dès le lever du soleil, une vue superbe s’offre à nous : la chaîne des pics se dresse fièrement devant nos yeux. Nous partons à sa conquête dès le campement replié. Le paysage change petit à petit, les lobélies et les scénécios apparaissent à l’heure du déjeuner, l’ascension est plus franche en fin d’après-midi. Le temps aussi a changé, il s’est couvert puis la pluie est tombée, elle s’est changée en grêlons et une fois arrivés au Major’s camp, à plus de 4000m d’altitude, la neige s’est mise à tomber. Nous nous sommes réfugiés sous nos tentes et je me suis enfouie dans mon sac de couchage. 1h30 plus tard, un paysage blanchi s’étend sous un grand ciel bleu. Même les scénécios et les lobélies ont revêtu un manteau blanc. Il faut d’ailleurs que je vous parle un peu de ces drôles de plantes au look préhistorique. Elles poussent très lentement mais alors très lentement. Les lobélies, par exemple, arrivent à maturité à 45 ans où elles donnent naissance à une grande hampe de fleurs, aussitôt fanées, la lobélie se dessèche et meurt… Ce soir-là, nous nous sommes serrés au coin du feu en faisant sécher nos vêtements humides et le retour dans notre tente glacée fut bien difficile. J’ai d’ailleurs passé une très mauvaise nuit, le froid et l’altitude m’ont tenue en éveil. Malgré la couverture de survie placée sous nos matelas et celle sur mon sac de couchage, je n’ai pas réussi à me réchauffer et mon corps était endolori au matin à force d’être contracté. Le lendemain matin, le ciel est clair et l’air vif. Nous entamons une montée à flanc de montagne, le chemin a disparu. Avec l’altitude, la végétation se fait plus rare et nous arrivons bientôt à ce qui devait être un ancien glacier. La montagne est grise et caillouteuse. Une nouvelle montée nous attend pour passer les pics Terere et Sendéo, à 4600m. Je commence à avoir le souffle court et peine un peu, je ressens le manque de sommeil de la nuit précédente. Au sommet, il se met à neiger et les nuages nous enveloppent rapidement. Nous enfilons veste et pantalon de pluie pour aborder la descente, tout d abord abrupte. Nous descendons par le lit des ruisseaux puis le chemin réapparaît avec la végétation. Nous atteignons le bout de la Mackinder Valley qui mène au Shipton’s camp, à 4200m d’altitude. Repos cet après-midi avant l’ascension finale de demain. Il fait un froid de canard au refuge et je n’attends même pas la fin du repas pour me glisser dans mon sac de couchage car je tombe de fatigue. Je me lève pour le dîner et me recouche à 20h30 car demain matin lever à 3h00 du matin.
Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas une matinale… et pourtant je me lève sans problème de bonne heure ce matin-là. La nuit a été fraîche et l’altitude m’a encore empêchée de dormir mais l’excitation de l’ascension finale me réveille tout à fait. Un petit déjeuner léger puis nous partons dans le noir, à la lampe frontale, conquérir le point Lenana, la neige crissant sous nos pas. Nous assistons aux premières lueurs de l’aube sur la montagne. La neige rosit puis le soleil apparaît au dessus des nuages. Nous atteignons bientôt le sommet, à 4985m. Nous sommes 6 à contempler ce spectacle magnifique, nous, un couple d’hollandais et leur guide.Peu de vent et un ciel dégagé. Nous redescendons ensuite par la voie Chogoria qui offre des vues magnifiques sur des gorges, des chutes d’eau et des lacs. Dans notre dos, les sommets enneigés s’éloignent puis disparaissent sous les filets de nuages. Nous croisons la route d’un daman des rochers avant le petit-déjeuner, pantagruélique celui-là : pancake, donuts, pain perdu, fruit… Notre cuisinier est une perle ! Je m’assoupis un moment avant de repartir. Nous atteignons le Chogoria Gate, à 2650m, en fin de journée.Petite soirée autour du feu à se raconter des histoires. D’ailleurs nous avons découvert que l’histoire narrée par de La Fontaine dans le corbeau et le renard, existait aussi dans la culture kenyane, le fromage étant remplacé par de la viande (le nyama choma, la viande grillée au barbecue est le met national kenyan). Il fait à présent beaucoup moins froid dans la tente et je passe enfin une bonne nuit.
Le lendemain matin, nous descendons pendant 3 heures par une piste pour rejoindre la jeep qui nous attend pour nous déposer à Chogoria.

Me voici de retour à Nairobi, la tête encore dans les nuages. J’attends avec impatience de pouvoir revivre de tels moments… avec l’ascension du Kilimandjaro peut-être ! En attendant je me contente de revoir nos photos. J’en ai mis quelques unes sur le site, histoire de vous faire rêver un peu.

Au fait j’ai enfin récupéré ma nouvelle carte visa, non sans mal. Je connais maintenant plusieurs services de la poste kenyane. Celle de Lionel est arrivée et aussitôt repartie en France…

Lors de la prochaine newsletter, nous serons en Tanzanie, enfin j’espère !
A bientôt !!!

Ps : de nouvelles du kenya et notamment du parc Amboseli et des villes kenyanes seront également bientôt disponible

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Commentaires sur cet article
jocelyne
bonjour et merci pour ce beau récit, mais désirant faire de même en février 2008,je m'effraye un peu du névé terminal et autres difficultés : rochers glacés etc,
la pente abrupte de l'autre versant est abrupte comment ? il y a souvent du mauvais temps ? avez vous des terrains trempés ? merci pour un complément d'info ? cordialement
 

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